Lundi 25 janvier 2010 1 25 /01 /Jan /2010 19:27
Bonjour à tous. Pour vous faire patientez avant la correction des nouvelles, je vous en publie une retrouvée dans les cartons. Elle fait partie des histoires qui seront corrigées bientôt. Bonne lecture.

BLAGUE FATALE (par J.P.L.RENOU)


Bruno revenait d'un entretien que lui avait donné son patron. Cela s'était très mal passé. Bruno ne remplissait pas ses objectifs, son patron le menaçait donc de réduire son salaire en conséquence. Depuis plusieurs dizaines de minutes son patron l'observait à travers les parois vitrées des différents bureaux. Bruno le savait, il sentait son regard peser sur lui, un regard lourd de conséquences sur son travail. Bruno marmonnait seul dans son bureau contre son patron.

<<J'aurai dû le tuer sur place, ils auraient tous vu de quoi je suis capable !

Au fur et à mesure de l'avancement de la journée, Bruno sentait une tension monter, à cause des regards des employés qui semblaient lui dire la même chose que celui de son patron. Bruno commençait également à être suspicieux, comme si quelque chose se préparait. La chose qui lui mis la puce à l'oreille était la convocation dans le bureau de son patron de Frédéric, la personne qui occupait le poste juste en-dessous de lui. Le chef le fit entrer dans le bureau, il lui serra la main et le fit s'asseoir. Puis, il s'approcha des stores et les tourna de façon à ce que personne ne vit ce qui se passe dans le bureau.

Bruno enrageait de le voir aussi sympathique avec lui, il n'avait pas réagit de la même manière avec Bruno.

- Pourquoi est-il si aimable avec lui ? Tu vas voir qu'il va lui donner ma place cet enfoiré !

Bruno tapait frénétiquement sur son clavier, comme motivé par la colère. Ses yeux étaient rivés sur ses collègues, des yeux qui auraient pu tuer s'ils étaient des armes. Mais cette fois-ci personne n'osait affronter son regard.

- Regardes les, ils n'osent plus frimer ces cons maintenant que le bosse ne voit rien ! Quelle bande d'hypocrites !

L'un d'eux souriait tout de même en le regardant, Bruno le fixa d'un oeil noir comme pour lui faire détourner le regard, mais celui-ci ne changea pas, bien au contraire, il se leva et vint vers lui. Bruno maintenait son regard sur lui, par défi. L'homme s'approcha de la porte et l'ouvrit, il passa la tête dans l'entrebaillement.

- Tu vas te faire virer, ducon !

- Ta gueule connard, casses-toi !

Il lui lança un stylo qui rebondit sur la porte fermée in extremis. L'homme retournait à son bureau en riant. Bruno se leva et ferma les stores de son bureau, il en avait assez de voir ses collègues.

- Et l'autre qui parle avec le boss, qui doit faire des ronds de jambes avec cet empaffé !

Pour se calmer un peu, Bruno mit en marche le jeu "Carnage Final", dont le but était la destruction. Il l'utilisait plutôt pour se calmer que pour réellement jouer, et ce malgré les remontrances de la part de son patron au sujet du travail. En fin de partie, il se prit à rire.

- Ah ah ah ! Si seulement je pouvais en buter certains de cette manière si simple...>>

- Cela est si simple.

Bruno releva brusquement la tête, surpris par cette voix dont il n'avait pas entendu entrer le propriétaire. Il se recula vivement, pris de panique.

- Qui êtes-vous ? Que faites-vous ici ?

L'homme était habillé d'un costume noir muni de pointes sur les épaules. Il portait une chemise jaune en-dessous. Ses chaussures comportaient une pointe en métal argenté sur le bout. Il s'appuyait également sur une canne noire, dont une longueur égale à la paume de la main était différente ; celle-ci était en métal doré tressé dont l'extrémité enserrait une grosse bille d'un bleu électrique.

- Mon nom est Ange, je suis le démon de la tentation et ma présence ici te sera très utile...

- Comment êtes-vous entré ici ? lui demanda Bruno, furieux.

Ange fit le tour de son bureau rapidement pour se trouver en face de lui.

- Peu importe ! lança Ange. Je suis là pour t'aider à réaliser ton souhait !

- Mon souhait ? demanda Bruno avec étonnement.

Ange prit une chaise qui était là et s'y installa, penché vers l'avant et appuyé sur sa canne.

- Oui, cela fait quelques minutes que je t'observe, et ton envie de meurtre semble à son paroxysme, je peux te soulager !

Ange parlait tout en étant très enervé et forçant Bruno à serrer les dents à ses paroles. Bruno prit peur à cette manifestation coléreuse, il s'appuya plus profondément dans son siège. Il ne put desserrer les mâchoires durant plusieurs minutes, fixé par le regard courroucé d'Ange.

- Je ne peux pas le tuer, il y a trop de témoins ! murmura Bruno.

Ange se leva brusquement, furieux. Il parlait en marchant et faisant des gestes rapides des mains.

- Et voilà ! Vous les humains vous avez toujours peur des conséquences de vos actes ! Avec moi tu ne risques rien, il n'y aura aucune conséquence pour toi.

Ange pointa Bruno du doigt à la fin de sa phrase pour appuyer sa déclaration, portant toujours un regarde furieux sur son visage. Il était penché vers Bruno.

- Que devrais-je vous donner en échange ? demanda Bruno, effrayé et interrogateur à la fois.

Ange se releva, un sourire en coin accroché au visage. Il coinça rapidement sa canne sous le bras.

- Voilà qui est intéressant ! Tu te décides enfin à accepter ma proposition !

Il serra le poing d'un geste rapide.

- En fait tu n'as rien à m'offrir. Je n'ai d'ailleurs besoin de rien... Sauf d'une chose...

Bruno déglutissait péniblement.

- Laquelle ? Questionna-t-il, le souffle coupé.

Ange se releva, la tête en arrière et le bras appuyé sur sa canne.

- Juste ton envie !

Il toucha Bruno du doigt à la poitrine.

- Je veux juste te voir tuer ces gens, et surtout ton patron. Ce sera mon unique salaire !

Bruno réfléchissait. Ses yeux allaient d'un endroit à un autre de la pièce. Il était dans un dilemme.

- Mais... Je me ferai arrêter et enfermer en prison si je fais ça !

Ange se rapprocha tout près du visage de Bruno, un sourire maléfique aux lèvres.

- Tu en tireras une joie immense, la prison reste un détail dans cette histoire. Tu seras l'homme qui a tué le président de "MétaGroup" !

Ange faisait de grands gestes avec les mains, comme s'il décrivait un panorama grâce à ses mains. Bruno esquissa un petit sourire à cette idée. Il pensait au respect apporté par cette notoriété. A la crainte que pourraient avoir les autres envers lui.

- Je vois que cela ne te déplait pas ! s'exclama Ange en se redressant. Il s'appuya des deux mains sur sa canne. Il regardait Bruno, qui était lui-même perdu dans ses pensées.

- Comment faire ? demanda Bruno, le regard triste.

Ange s'asseya sur une chaise à nouveau. Il faisait face à Bruno. Il tourna légèrement le pommeau de sa canne. Celui-ci se débloqua et libéra une fabuleuse dague en or, d'un bout à l'autre. Ange la montra à Bruno, à plat sur sa main.

- Voilà la solution à ton problème !

Bruno regardait cet objet comme le ferait un enfant au sujet d'un jouet. Ses yeux étaient émerveillés. L'objet faisait des reflets sur son visage. La lame n'était que peu travaillée, mais sa longueur d'une quinzaine de centimètres montrait aisément l'efficacité que celle-ci pouvait avoir. Bruno étendit le bras pour se saisir de l'objet, puis fit machine arrière. Ange s'étonna de cette réaction.

- Qu'y a-t-il ?

- J'ai l'impression qu'il y a un piège derrière tout ça...

- Bien ! Ecoutes donc cela !

Ange sortit un magnétophone à cassettes. Il enclencha la lecture.

- J'ai l'intention de mettre à la porte ce Bruno et de vous donner sa place...

Ange stoppa la lecture. C'était la voix de son patron sur cet enregistrement. Bruno entra dans une rage folle. Lui qui avait toujours tout fait pour l'entreprise. Il risquait d'être mis à la porte pour un infime détail.

- Je vais le faire. Vous me suivez ?

- Patientes donc encore quelques minutes. Il va t'appeler sur l'interphone.

Bruno accepta. Il n'avait plus rien à perdre. Son regard oscillait entre la dague et l'interphone, attendant de pouvoir utiliser l'un au signal de l'autre. Ses doigts dansaient de colère sur son bureau. Ange attendait lui aussi un signal. Il était calme, toujours le sourire aux lèvres.

Soudain, l'interphone retentit. Bruno s'approcha et enclencha l'une des touches.

- Oui ?

- Venez dans mon bureau.

- J'arrive.

Il se leva et empoigna la dague des mains de Ange, qui lui présentait comme un bijou. Il marchait rapidement vers le bureau de son patron. Il frappa à la porte et entra. La dague était caché derrière son bras. Il ferma la porte sans bruit.

- Ca fait des années que vous me faites chier, vous aller payer !

Bruno se saisissait de la dague et lacéra le ventre de son employeur. Celui-ci porta la main à son ventre et regarda sa main ensanglantée.

- Bruno... Je ne comprends pas...

Le regard de Bruno est attiré par une chose brillante. Il tourna la tête et vit un paquet cadeau. Il s'en approcha et lu le mot déposé. "Bon Anniversaire Bruno ! Et poisson d'Avril !"

Il était pétrifié sur place. Il laissa tomber la dague et regarda ses mains couvertes de sang.

- Qu'ai-je fait ?

Ange apparut dans le bureau.

- Dieu a dit "aimes ton prochain comme toi-même". Quelle belle vérité...>>

Par Novelliste
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