Bonjour à tous. Une autre histoire qui pourra
vous sembler un peu théologique, à vous de lire...
CROIRE EN DIEU ?(par J. P. L. RENOU)
Comme chaque semaine, Richard sort avec ses amis en boite de nuit, toujours la même boite. Ils sont six, trois filles, trois mecs, tous célibataires. Cela faisait
au moins une demi-heure qu'ils observaient un dragueur de première, ils l'avaient déjà repéré la semaine précédente.
Ce mec là n'était pas vraiment un canon de beauté, mais il emballait sec. Ils tenaient de source sûre qu'à chaque fois il emmenait sa «victime» dans son lit, ils le
savaient du barman qui avait assisté en direct à une séance, et le barman n'était pas du genre affabulateur.
Sa technique était simple de l'extérieur, il parlait à l'oreille d'une fille qui se mettait à rire et crac ! Elle était à lui. Richard et ses amis l'observaient
tout en discutant à une table éloignée du bar.
<<C'est pas vrai, il va recommencer ! lança Bernard en voyant la fille à côté de lui en train de rire.
- Y'a pas à dire, il est très fort !
- Je ne sais pas ce qu'elle lui trouve ! répondit Clémence, dit «la pétasse de service» .
C'est vrai, je ne vous ai pas présenté le genre de personnes que sont ces rigolos. En fait, ces gens ne s'intéressaient qu'à des bassesses du genre l'intérêt de
l'argent, la luxure, etc... On peut dire que ce sont des gens de peu d'intérêt pour la société, je vais vous présenter ceux dont nous connaissons l'identité.
Richard tout d'abord, qui dédaigne l'intelligence et ne participe à ces soirées que pour se saouler, et qui finit rarement à jeun au petit matin.
Bernard, qui ne s'intéresse qu'aux filles à forte poitrine et à petit QI, qui les saoule d'abord pour faire son affaire ensuite, et disparaître avant que la fille
ne se réveille.
Quand à Clémence, c'est un peu l'alter-ego de Bernard, elle drague les mecs ayant des muscles bien proéminents et susceptibles d'avoir un engin de belle taille pour
lui donner un grand plaisir. Elle fait la bêcheuse devant les hommes «banals».
Voilà un peu le tour de la question, mais revenons plutôt à nos moutons.
Plus l'homme au bar parlait à l'oreille de la fille, et plus elle riait et le regardait amoureusement. Cela obsédait toute l'équipe, ils voulaient savoir comment il
faisait pour toutes les séduire, mais ils ne pouvaient pas aller lui demander à cause de cette fille.
Quand tout à coup, elle se leva pour aller aux toilettes.
- J'y vais ! disait Bernard aux autres.
Il s'assit tranquillement à côté de l'homme et engagea la conversation.
- Bonjour, monsieur !
- Bonjour !
- Je sais que vous vous demandez pourquoi je viens vous parler sans y avoir été invité, mais cela est très simple. Cela fait un bon moment que nous vous observons,
moi et mes amis, et nous avons entendu parler de vos exploits avec les femmes...
- Et vous voudriez savoir comment je peux réussir ce que je fais ? interrompit l'homme.
- C'est ça ! acquiesça Bernard avec un mouvement de tête.
- Nous allons rejoindre vos amis, vous n'aurez pas à leur répéter mon discours !
- Mais, la jeune fille va sortir des toilettes !
- N'en faites rien, elle en a pour une demi-heure, croyez-moi !
Bernard eu du mal à le croire, mais il l'emmena voir les autres, qui furent surpris de le voir arriver.
- Bonjour à tous ! dit-il avec un signe de la main.
- Vous voulez donc connaître mon secret...
Clémence se recula quand il s'assit à côté d'elle, il lui parla.
- Ne soyez pas dégoûtée mademoiselle, je ne vais pas vous toucher !
Elle fut surprise qu'il connaisse sa pensée précise à ce moment.
- Je vais donc vous révéler mon secret, si vous me poser des questions précises ! Qui commence ?
Pendant un instant, aucun d'entre eux n'osa demander.
- Comment faites-vous pour toutes les séduire ?
Il prit une grande inspiration.
- Je leur raconte ce qu'elles veulent entendre, tout simplement !
Bernard souriait.
- Ca, c'est ce que l'on fait tous !
- Bien sûr !
Il se pencha en avant vers le milieu de la table.
- Vous voulez vraiment connaître mon secret ?
Tous acquiescèrent de la tête.
- Eh bien mon secret est que je sais tout !
Clémence pouffa de rire.
- C'est impossible !
- Oh si, je vais d'ailleurs vous le prouver ! Pourquoi, chère Clémence, n'avez-vous jamais dit à vos amis que vous aviez des prothèses mammaires ?
Ils étaient tous abasourdis, personne ne lui avait dit que son prénom était Clémence, et il était vrai qu'elle avait des implants dont les autres ignoraient
l'existence. Clémence rougissait. Mais Richard n'était pas de cet avis.
- Ce sont des coïncidences, vous pouvez nous avoir entendu dire son prénom, et beaucoup de femmes font ce type de chirurgie !
L'homme l'écoutait avec attention pour sa démonstration, puis pris la parole.
- Vous oubliez une chose, je sais qu'elle ne vous a rien dit !
- Je ne suis pas convaincu, c'est encore une coïncidence !
L'homme réfléchit un instant.
- Je ne possède pas seulement le savoir, mais aussi le pouvoir de changer les choses !
- Prouvez-le !
- Mais j'allais y venir ! Bernard, choisissez donc une femme avec laquelle vous voudriez coucher !
Il regarda pendant une petite minute toutes les femmes présentes.
- La brune habillée en rouge !
- Cela ne vous gêne pas qu'elle soit mariée ?
- Vous essayez de nous embrouiller ! lui dit Richard.
- Pas du tout ! Je ne voudrais pas choquer votre honneur !
Il se leva et rejoignit cette femme, il lui mit la main sur l'épaule et revint s'asseoir.
- Bernard, bonne fin de soirée !
La jeune femme vint à la table, prit la main de Bernard et l'emmena aux toilettes.
- Qu'avez-vous dit à cette femme ? demanda Richard.
- Je lui ai seulement dit que Bernard voulait coucher avec elle ! Vous me croyez maintenant ?
- J'ai encore un doute, elle peut être complice avec vous !
- Je vous propose de nous revoir demain, ici même, car la personne qui m'accompagne va sortir des toilettes et je n'aurai pas le temps de vous le prouver !
Je suis d'accord, revoyons-nous à la même heure ici !
- Alors à demain !
Il se leva et retourna au bar où il y avait toujours deux tabourets libres. Sa «victime» sortit des toilettes un instant plus tard, elle vint se rasseoir à côté de
lui, puis ils partirent tous les deux. Bernard sortit des toilettes quelques minutes après la disparition de l'homme et de sa compagne, il avait le sourire aux lèvres.
- Il est parti, le «tombeur» ?
- Oui, il va nous prouver demain soir qu'il a des pouvoirs fantastiques !
- Moi, je n'ai pas besoin qu'il me le prouve !
- Eh bien moi si, je le trouve louche ce mec !
- Faut pas te prendre la tête, il m'a permit de baiser facilement !
- On verra demain s'il faut se prendre la tête avec lui...
Le lendemain soir, le petit groupe arriva à la boite après l'homme, il était installé à une table et seul. Ils s'assirent tous autour de la table.
- Bonjour ! Ravi de vous revoir ! lui disait Bernard.
- Moi de même ! Etes-vous prêts à ce que vous allez voir ?
- Croyez-vous que nous sommes aussi impressionnables que ça ? lui demanda Richard.
- Ce spectacle en a impressionné plus d'un !
- Au lieu de parler, si vous nous montriez ?
- D'accord, mais je veux le silence complet de votre part !
Et là, il n'y avait plus aucun bruit autour d'eux, le silence total, comme une télévision dont on aurait coupé le son.
- Commencez-vous à me croire maintenant ?
- Mais comment...
- Cela est très simple, je ne suis pas humain !
- Vous êtes Dieu ?
- Oui, enfin c'est comme ça que vous m'appelez !
- Pourquoi tout ceci ?
- Pour vous éclairez sur moi, regardez ceci !
Toute la boite de nuit était remplie de cadavres ensanglantés, il souriait en les regardant à tour de rôle. Ils voulaient partir mais étaient bloqués, ils ne
pouvaient faire aucun mouvement.
- Il est inutile de lutter, vous ne pouvez lutter contre votre maître !
- Pourquoi faites-vous cela ?
- Je capture les humains ! Vous savez ce que j'en fais ? Je les fais combattre ! Cela vous choque ? Vous faites bien des combats avec les animaux ! Vous osez
utiliser les animaux et la nature comme bon vous semble, vous êtes la pire de mes créations !
- Etes-vous vraiment Dieu ?
- Oui, mais le secret est que je suis le seul maître à bord ! Je suis le seul à pouvoir décider de ce qui va vous arriver ! Satan n'existe pas, comme tous les
autres anges de votre invention ! Je vais vous montrer une chose.
Tous devint noir en une fraction de seconde, il n'y avait plus rien autour d'eux à part un incroyable vide. Tous regardaient cet étrange vide, essayant de trouver
quelque chose qui pourrait leur rappeler leur monde, en vain.
L'homme avait changé, c'était comme un nuage blanc très lumineux mais n'éblouissant pas, il y avait des esquisses de son visage et de ses membres, cette
manifestation époustouflait la petite assemblée. Il se leva et leur parla.
- Voici comment était l'univers avant que je m'en occupe, entièrement vide ! J'ai toujours vécu seul, je ne sais pas si l'on m'a créé ou si je suis un être né
spontanément. J'ai voulu changer ce vide immense et j'y ai réussi, comme par miracle ! J'ai pensé ensuite à créer des êtres vivants, je ne voulais pas être seul ! Les premiers étaient des échecs,
non par leur conception, ils étaient parfaits, mais ils ne pouvaient se multiplier seuls car je ne leur avait pas donné d'organes génitaux, en étant dépourvus moi-même ! Regardez-moi bien, je ne
suis ni mâle ni femelle.
Pendant longtemps, il n'y avait pas d'êtres vivants sur la Terre, car je ne savais pas comment fabriquer des organes mâles et des organes femelles. Vous me voyez
comme je l'étais à ma «naissance», je n'ai pas changé car je ne peux vieillir et suis immortel ! J'ai fini par trouver et j'ai créé les êtres vivants, jusqu'aux humains, quel erreur ai-je fais ce
jour-là, si je peux dire ce jour !
Richard s'insurgea.
- Vous nous insulter en plus !
«Il» se mit en colère, ses yeux rougeoyait de fureur.
- Dites-moi donc, qui a tué certaines espèces jusqu'à leur extinction ? Qui détruit la nature comme il l'entend ? Qui se croit l'espèce dominante ?
- Mais nous sommes l'espèce dominante !
«Il» lui envoya un éclair à travers la poitrine.
- Parce que je le voulais bien ! Je pourrai vous détruire en une fraction de seconde !
- Alors pourquoi ne le faites-vous pas ?
- Ne croyez pas m'avoir ainsi, certes je vais vous tuer, mais lentement comme tous ceux dont je me suis occupé ! Vous allez connaître ce que vous appelez l'Enfer !
Je m'amuserai avec vous comme avec tous les humains ! Je suis navré de ce que sont les humains, mais je m'amuse tous les jours à les faire souffrir ! J'en rie tous les jours de vos maux, de vos
pleurs, et surtout lorsque vous vous détruisez vous-même ! L'espèce humaine sera en voie de disparition ! Vous faites partie des privilégiés si on peut dire, je vais vous permettre de choisir
votre torture ! Vous allez savoir ce que c'est que d'être des martyrs !>>
«Il» émit un long rire grave qui résonna dans leurs têtes.
Vous pensez que cette histoire n'est pas arrivé et qu'elle ne vous arrivera jamais ? Qui peut donc le savoir ? Il vous arrivera peut-être bien pire encore, mais
il reste une autre question, cela vous fera-t-il... croire en Dieu ?