Samedi 12 septembre 2009 6 12 /09 /Sep /2009 12:32
Voici le premier texte à lire et à apprécier, en tout cas je l'espère. Mise à jour du texte le 17 Février 2010.

LE DESTIN( par J. P. L. RENOU)

André était assis confortablement dans son fauteuil de salon. Il critiquait allègrement le programme qu'il regardait sur son téléviseur. Soudain, une silhouette vêtue d'un grand manteau à capuche noir apparut à ses côtés.

<<Tu vas te décider à crever au lieu de critiquer les jeunes ?

L’homme se tourna rapidement vers lui, effrayé.

- Qui êtes-vous ? Que faites-vous chez moi ?

- Tu ne me reconnais pas ?

La silhouette replia la capuche et montra son visage. Celui-ci était à moitié déchiqueté, blafard, les yeux injectés de sang. Son crâne était chauve et sec. Le vieil homme se recula, dégoûté.

- Vous êtes...?

- Je vais te donner un indice, on m’appelle parfois «la grande faucheuse » ou alors « le passeur d’âmes », tu ne vois pas ?

- La Mort ?

- C’est cela ! Et je suis venu te chercher !

Il se plaça devant lui, un éclair traversa le ciel et illumina les parties sombres de la pièce.

- Mais je suis en pleine santé !

- Tu permets que je m’assoie ?

Il se pencha légèrement en arrière et s’assit dans le vide.

- Ce n’est pas un problème, la plupart de mes "clients" sont toujours en pleine forme, tout au moins quand je prends leur vie !

- Mais je ne veux pas venir avec vous !

- Et pourquoi ? A quoi sers-tu sur la Terre ? Et cela ne dépend pas de toi !

- J’ai des enfants ! Ils ont besoin de moi !

- Parlons-en de tes enfants, tu es un véritable égoïste, jamais tu ne penses à eux ! Tu crois que l’on va t’enterrer avec ton argent ! Et tu ne crois pas qu’après 80 années de manipulations en tous genres, tu pourrais arrêter tes conneries ?

- Vous ne me forcerez pas à vous suivre, je suis encore libre !

- Mais bordel de putains de l’Enfer, tu n’as pas le choix ! Je ne suis pas en train d’essayer de te convaincre, ton heure a sonné !

L’homme s’attarda sur la télécommande qu’il tenait dans la main et changea de chaîne. La Mort se leva, préleva une faux de sous son manteau et fit imploser le téléviseur sous les yeux ébahis d'André.

- Ce n’est pas en continuant à faire tes conneries habituelles que tu m’empêcheras de prendre ta vie ! dit la mort d'une voix tonitruante.

- Tu vas me suivre maintenant que tu n’as plus de télé ?

- Jamais !

La Mort s’approcha de lui pour traverser sa poitrine de la main. André avait du mal à respirer. Il sentait son coeur battre de plus en plus fort. Puis, la Mort retira sa main squelettique, ce qui stoppa les douleurs du vieil homme.

- Réfléchis, ce sera moins douloureux pour toi si tu y mets du tien !

- On peut sûrement négocier ? lui implora André.

La Mort roula des yeux avec d'un air excédé. Sa faux se changea en vieux grimoire qu’il feuilleta.

- C’est écrit là ! Tu dois mourir ce soir seul chez toi. Impossible de déroger à la règle, ce serait détruire l’équilibre de milliers de vies ! Il faut en finir maintenant !

La Mort leva sa faux pour lui ôter la vie, mais l’homme sauta de son fauteuil et la faux y resta bloqué. L’homme monta à l’étage pendant que la Mort enlevait sa faux fortement plantée dans le fauteuil. Elle fonça dans la chambre du vieil homme où il s’était réfugié.Il était à sa fenêtre et alarma ses voisins.

- Au secours ! Aidez-moi, il veut me tuer !

Et les voisins de répondre :

- Ce ne sera pas une grosse perte !

- Tu vois, eux non plus ne veulent pas entendre parler de toi !>> puis la Mort donna un grand coup de faux à André.

Le lendemain, une voiture de police et une ambulance étaient garées devant la maison du vieil homme, suite à l’appel d’un voisin pris de remords. Il le retrouvèrent mort dans son lit, les yeux et la bouche ouverts, comme figé dans une attitude de surprise. Il n’y avait aucune trace de lutte, les traces de violence avaient disparus. Tout le monde témoigna qu’il avait crié pour demander de l’aide mais que personne n’en avait pris compte. Le médecin-légiste pensa à une mort par crise cardiaque, qui serait confirmée ou non par l'autopsie...

Par Novelliste
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Dimanche 13 septembre 2009 7 13 /09 /Sep /2009 15:05
Bonjour à tous ! Voici une histoire parlant de vampire,mais je vous laisse découvrir... Attention, un élément est anachronique mais sera modifié lors d'une relecture.

CELA N'ARRIVE PAS QU'AUX AUTRES !(par J.P.L.RENOU)

 

            Après avoir fleuri la tombe de ses parents, Gautier se promenait dans les allées du cimetière, ce n'était plus que le seul endroit qui le relaxait en ces temps mouvementés.

            Au détour d'une allée, il vit un enterrement peu conventionnel. Le responsable du cimetière était là, il surveillait des hommes qui ensevelissaient un cercueil, il n'y avait ni prêtre ni service religieux, ces hommes déposaient juste ce cercueil en terre.

            Gautier s'approcha du responsable sans l'effrayer.

            <<Bonjour !

            Le responsable se tourna vers lui.

            - Bonjour monsieur Fievet ! Vous êtes venu fleurir la tombe de vos parents ?

            - Oui, mais dites-moi, cette personne n'est pas enterrée de manière très conventionnelle...

            - Non, la concession a été payé mais personne ne voulait du service religieux, je pense que cette personne n'a plus d'enfants ni d'autre famille. Mais comme la concession est payée je ne peux rien dire !

            - C'est normal d'enterrer comme ça, sans service religieux ?

            Le responsable regardait Gautier fixement dans les yeux, contrairement à ce qu'il avait fait auparavant.

            - Avant cela ne se serait jamais fait ainsi, mais la mairie me demande d'accepter ce genre de choses ! Je ne peux pas lutter contre les directives de mon employeur !

            - C'est tout de même bizarre, mais c'est la vie ! Je vais vous laisser, je dois aller voir la tombe de ma grand-mère !

            - Oui, bonne journée à vous !

            - Merci, vous aussi !

            Gautier franchissait quelques allées et tourna à un endroit précis. Il s'attarda sur une tombe qui n'était là que depuis peu, c'était celle de sa grand-mère décédée il y a trois ans. Elle avait trépassé après les parents de Gautier, qui étaient eux-mêmes décédés dans un accident de voiture lorsque Gautier n'avait que 4 ans. Ses grands-parents l'avait élevé durant toutes ses années.

            Depuis 10 ans, il venait régulièrement fleurir leurs tombes, accompagné de son grand-père ou seul comme aujourd'hui.

            Il se faisait tard, la nuit était déjà tombée et le cimetière allait fermer ses portes. Gautier repassait par l'allée où il avait assisté à cet enterrement curieux. Le trou était rebouché, il n'y avait pas de pierre tombale mais juste une pierre droite qui indiquait le nom et l'âge de la personne.

            C'était un dénommé Marc Lufiacre, il n'avait que 25 ans. Gautier s'attarda durant quelques minutes, ce qui le choquait était le manque de pierre tombale, un fait rare de nos jours.

            Tout à coup, il vit la terre remuer comme si quelqu'un la poussait de l'intérieur. Il se rua derrière un buisson, incapable de fuir à cause de sa curiosité. Dans un léger bruit de terre, il vit des doigts sortir, suivit d'une main ! Il se demandait comment un homme pouvait ressortir d'un tel endroit.

            Cela continuait, un bras suivait cette main, la main s'appuya sur le sol meuble et une tête en sortit. C'était bien un homme, il cracha un peu de terre qu'il devait avoir ingéré en tentant de sortir.

            - Pfuh ! Ahhhh ! C'est dégueulasse !

            Il se sortait tant bien que mal de ce trou, étant donné qu'il devait y avoir du vide en-dessous de ses pieds. Il ne cessait de regarder de tous les côtés, pour voir s'il n'était pas observé mais ne voyait pas Gautier.

            Une fois sortit, il frotta ses vêtements du mieux qu'il pouvait, ainsi que son visage, mais la terre était humide et collait. Il regardait son costume taché par la terre.

            - Merde ! Il est fichu !

            Cet individu ne partait pas, il attendait quelqu'un. Il regardait sa montre avec impatience. Gautier n'osait pas bouger, il avait peur de ce dont pouvait être capable cet homme.

            Gautier entendit comme un grondement venir de la gorge de l'homme, un grondement de mécontentement.

            - Mais qu'est-ce qu'il fabrique ? disait-il tout haut.

            Soudain, Gautier entendait des bruits de pas sur les graviers de l'allée, qui venaient de sa gauche et de la droite de l'homme. Il tourna la tête pour essayer de voir qui était là. L'homme regardait en grimaçant et agitant la tête de haut en bas. Gautier n'arrivait pas à voir ce qu'il se passait, le buisson lui bouchait la vue.

            Un autre homme arriva à la hauteur du « trépassé », il avait une pelle à la main. Il était d'une saleté incomparable et Gautier sentait son odeur jusqu'au buisson.

            - C'est maintenant que tu arrives ? J'aurai pu étouffer une dizaine de fois !

            - Patron, j'ai fais ce que j'ai pu...

            L'homme lui donna une gifle avec le dos de la main, cela stoppa net sa phrase et le fit tomber sur le sol.

            - Ne me réponds pas et admets que tu es un incapable ! Tu n'es que mon goule et c'est moi le maître-vampire !

            Un vampire ! Gautier pensait que cela n'était qu'une légende. Sa peur augmentait en conséquence. Il regardait autour de lui pour trouver un moyen de s'enfuir. Il y  avait une rangée d'arbres qui pourrait le cacher.

            Il marcha un peu en crabe, quand son pantalon s'accrocha à une épine du buisson, le buisson remua.

            - Qu'est-ce que c'est que ça ? s'exclama le vampire, regardant en direction du buisson.

            Gautier n'avait plus d'autre choix que de s'enfuir à toutes jambes, le vampire et le goule se rapprochaient.

            Il tira un coup sec sur sa jambe de pantalon, qui se détacha du buisson. Il se leva et courait.

            - Un humain ! Attrapes-le ! Ordonna-t-il à son goule.

            Le goule courra après Gautier d'une curieuse manière, il courrait sur ses quatre membres. Gautier courait le plus vite qu'il pouvait, mais cet être gagnait du terrain. Ses pas lourds rythmaient les propres battements de coeur de Gautier. Il en avait le souffle coupé.

            Il arrivait enfin à l'entrée du cimetière, mais se heurta à la grille fermée à clef.

            - Non ! s'exclama Gautier.

            Il regardait derrière lui, le « monstre » était encore à bonne distance. Gautier pouvait tenter de passer par-dessus la grille. Il grimpa, mais fut plaqué douloureusement sur la grille. Le « monstre » lui parlait à l'oreille.

            - Personne ne peut échapper à mon maître !

            Son haleine était pestilentielle. Gautier en eut un haut-le-coeur, il manqua de vomir.

            Le vampire arriva tranquillement, marchant dans l'allée. Il parlait à Gautier.

            - Veuillez excusez mon goule, il a des manières de brute.

            Il fit reculer son goule, pria Gautier de se retourner pour lui parler en face.

            - Je ne me suis pas présenté, Jean-Baptiste Dhombres, vampire. Et vous êtes ?

            Il retroussa ses lèvres en un grand sourire sur de longues canines. Le coeur de Gautier battait encore la chamade. Il avait la gorge nouée par la peur.

            - Gautier Fievet ! lança-t-il dans un souffle.

            Le vampire posa un index sur ses lèvres, les yeux en l'air. Il réfléchissait.

            - Fievet, Fievet... peut-être avons-nous des ancêtres en commun ? Mon grand-père maternel était un Fievet ! Enfin, laissons ces histoires de famille de côté ! J'ai l'impression que notre premier contact a été un peu rude, mais j'en étais bien obligé ! Vous m'aviez vu, et je n'ai pas envie que ma venue s'ébruite en ville, je n'aurais plus de nourriture à cette nouvelle ! J'aurai pu me présenter à vous dans une tenue plus correcte, mais je ne l'ai pas pu à cause du manque de professionnalisme dont fait preuve mon goule ces temps-ci. Je m'excuse donc de tous ces désagréments que nous pouvons vous causer.

            Il s'inclina devant Gautier, étonné par tant de gentillesse dans les paroles d'un vampire.

            - Vous allez me tuer ? demanda-t-il prudemment.

            Le vampire riait doucement.

            - Non, il se trouve que j'ai très bien mangé, et vous pourriez m'être utile ! A cause de l'imbécillité de mon goule, je n'ai plus de vêtements en bon état. Et comme je vois que nous avons à peu près la même taille... vous avez sûrement un costume qui puisse m'aller comme un gant !

            Gautier le regardait, effrayé. Que pouvait-il faire d'autre ? Ce vampire l'épargnerait peut-être ? Il ravala sa salive bruyamment.

            - Mais comment sortir ? La grille est fermée !

            Le goule et son maître se regardaient en riant.

            - Ah ! Ces mortels !

            Jean-Baptiste le prit par les épaules et tous trois furent en un bond de l'autre côté de la grille. Gautier n'en croyait pas ses yeux.

            - Allons donc à la maison !

            Jean-Baptiste tapa sur l'épaule de Gautier, qui sursauta.

            Gautier les emmena chez lui où il vivait seul. Jean-Baptiste était juste derrière lui en entrant chez lui. Le goule était en dernier. Jean-Baptiste se retourna vivement vers son goule, furieux, après un instant.

            - Vas-tu fermer cette porte, bougre d'imbécile !

            Le goule se tourna prestement et ferma la porte.

            - Espèce de déchet ! jura-t-il en le regardant fermer maladroitement la porte.

            Tout en suivant Gautier, il regardait le décor. Tout était propre et bien rangé. Jean-Baptiste appréciait beaucoup cette attitude.

            - C'est propre chez vous !

            Gautier l'emmena dans la cuisine.

            - La salle de bains est là si vous voulez vous débarbouillez ! disait-il en montrant une porte qui menait à une autre pièce.

            - Merci. Vous avez un costume propre pour moi ?

            - Je vais vous chercher ça...

            Il montait à l'étage.

            - Attendez ! Mon goule va vous accompagnez ! Je ne voudrais pas que vous vous perdiez.

            Jean-Baptiste parlait à son goule durant un instant et laissa Gautier monter à l'étage. Il entra dans la salle de bains. Il ouvrit la porte de la douche et tourna les robinets. De la vapeur montait  du sol de la douche. Il se regardait dans le miroir.

            - Quelle sale tête !

            Il avait partout sur lui de cette terre noire et humide ; dans les cheveux, dans les oreilles, sous les ongles, il sentait également cette odeur à travers son nez et dans sa bouche.

            - Quel goût dégueulasse !

            Il cracha dans le lavabo, sa salive était marron. Il enleva ses vêtements et passa sous la douche, pendant que Gautier cherchait un costume pour lui sous la surveillance du goule. Il se savonnait longuement, utilisa du shampooing et se rinça abondamment.

            L'eau de rinçage était d'une couleur marron foncé, Jean-Baptiste se sentait soulagé que cette crasse disparaisse. Il se rinçait la bouche à grandes eaux mais n'arrivait pas à faire disparaître cet arrière-goût de terre de sa bouche. Il ferma les robinets et sortit de la douche. Il se regardait dans le miroir.

            - Ce n'est pas parfait, mais ça ira !

            Il ouvrit la porte de la salle de bains et en sortait nu. Gautier était là avec le goule, surpris que Jean-Baptiste ne s'habille pas un tant soit peu.

            - Que se passe-t-il ? Vous avez le même corps que moi, non ? Mais vous n'êtes pas né en 1739 comme moi !

            Gautier était abasourdi, Jean-Baptiste lui prit le costume des mains et la chemise des mains et s'habilla.

            - Vous ne mettez pas de sous-vêtements ?

            - Je n'ai pas le temps de fignoler. Goule, emballes mes vêtements dans un sac plastique et emporte-les ! Monsieur Fievet, donnez donc un sac à mon goule, s'il vous plaît.

            Gautier prit un sac poubelle dans la cuisine et le donna au goule. Le goule suivait les ordres de son maître. Jean-Baptiste fouilla dans son costume souillé et en sortit son portefeuille. Il l'ouvrit et en préleva un billet de 500 Francs, qu'il remit à Gautier après avoir rangé son portefeuille dans sa poche.

            Pour le costume ! A l'avenir, si vous voyez une tombe curieuse, ne vous en préoccupez pas !>>

            Ils partirent tous deux en un nuage de fumée bleuâtre.

Par Novelliste
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Lundi 14 septembre 2009 1 14 /09 /Sep /2009 15:27

Bonjour à tous. Une autre histoire qui pourra vous sembler un peu théologique, à vous de lire...


CROIRE EN DIEU ?(par J. P. L. RENOU)

 

 

Comme chaque semaine, Richard sort avec ses amis en boite de nuit, toujours la même boite. Ils sont six, trois filles, trois mecs, tous célibataires. Cela faisait au moins une demi-heure qu'ils observaient un dragueur de première, ils l'avaient déjà repéré la semaine précédente.

Ce mec là n'était pas vraiment un canon de beauté, mais il emballait sec. Ils tenaient de source sûre qu'à chaque fois il emmenait sa «victime» dans son lit, ils le savaient du barman qui avait assisté en direct à une séance, et le barman n'était pas du genre affabulateur.

Sa technique était simple de l'extérieur, il parlait à l'oreille d'une fille qui se mettait à rire et crac ! Elle était à lui. Richard et ses amis l'observaient tout en discutant à une table éloignée du bar.

<<C'est pas vrai, il va recommencer ! lança Bernard en voyant la fille à côté de lui en train de rire.

- Y'a pas à dire, il est très fort !

- Je ne sais pas ce qu'elle lui trouve ! répondit Clémence, dit «la pétasse de service» .

C'est vrai, je ne vous ai pas présenté le genre de personnes que sont ces rigolos. En fait, ces gens ne s'intéressaient qu'à des bassesses du genre l'intérêt de l'argent, la luxure, etc... On peut dire que ce sont des gens de peu d'intérêt pour la société, je vais vous présenter ceux dont nous connaissons l'identité.

Richard tout d'abord, qui dédaigne l'intelligence et ne participe à ces soirées que pour se saouler, et qui finit rarement à jeun au petit matin.

Bernard, qui ne s'intéresse qu'aux filles à forte poitrine et à petit QI, qui les saoule d'abord pour faire son affaire ensuite, et disparaître avant que la fille ne se réveille.

Quand à Clémence, c'est un peu l'alter-ego de Bernard, elle drague les mecs ayant des muscles bien proéminents et susceptibles d'avoir un engin de belle taille pour lui donner un grand plaisir. Elle fait la bêcheuse devant les hommes «banals».

Voilà un peu le tour de la question, mais revenons plutôt à nos moutons.

Plus l'homme au bar parlait à l'oreille de la fille, et plus elle riait et le regardait amoureusement. Cela obsédait toute l'équipe, ils voulaient savoir comment il faisait pour toutes les séduire, mais ils ne pouvaient pas aller lui demander à cause de cette fille.

Quand tout à coup, elle se leva pour aller aux toilettes.

- J'y vais ! disait Bernard aux autres.

Il s'assit tranquillement à côté de l'homme et engagea la conversation.

- Bonjour, monsieur !

- Bonjour !

- Je sais que vous vous demandez pourquoi je viens vous parler sans y avoir été invité, mais cela est très simple. Cela fait un bon moment que nous vous observons, moi et mes amis, et nous avons entendu parler de vos exploits avec les femmes...

- Et vous voudriez savoir comment je peux réussir ce que je fais ? interrompit l'homme.

- C'est ça ! acquiesça Bernard avec un mouvement de tête.

- Nous allons rejoindre vos amis, vous n'aurez pas à leur répéter mon discours !

- Mais, la jeune fille va sortir des toilettes !

- N'en faites rien, elle en a pour une demi-heure, croyez-moi !

Bernard eu du mal à le croire, mais il l'emmena voir les autres, qui furent surpris de le voir arriver.

- Bonjour à tous ! dit-il avec un signe de la main.

- Vous voulez donc connaître mon secret...

Clémence se recula quand il s'assit à côté d'elle, il lui parla.

- Ne soyez pas dégoûtée mademoiselle, je ne vais pas vous toucher !

Elle fut surprise qu'il connaisse sa pensée précise à ce moment.

- Je vais donc vous révéler mon secret, si vous me poser des questions précises ! Qui commence ?

Pendant un instant, aucun d'entre eux n'osa demander.

- Comment faites-vous pour toutes les séduire ?

Il prit une grande inspiration.

- Je leur raconte ce qu'elles veulent entendre, tout simplement !

Bernard souriait.

- Ca, c'est ce que l'on fait tous !

- Bien sûr !

Il se pencha en avant vers le milieu de la table.

- Vous voulez vraiment connaître mon secret ?

Tous acquiescèrent de la tête.

- Eh bien mon secret est que je sais tout !

Clémence pouffa de rire.

- C'est impossible !

- Oh si, je vais d'ailleurs vous le prouver ! Pourquoi, chère Clémence, n'avez-vous jamais dit à vos amis que vous aviez des prothèses mammaires ?

Ils étaient tous abasourdis, personne ne lui avait dit que son prénom était Clémence, et il était vrai qu'elle avait des implants dont les autres ignoraient l'existence. Clémence rougissait. Mais Richard n'était pas de cet avis.

- Ce sont des coïncidences, vous pouvez nous avoir entendu dire son prénom, et beaucoup de femmes font ce type de chirurgie !

L'homme l'écoutait avec attention pour sa démonstration, puis pris la parole.

- Vous oubliez une chose, je sais qu'elle ne vous a rien dit !

- Je ne suis pas convaincu, c'est encore une coïncidence !

L'homme réfléchit un instant.

- Je ne possède pas seulement le savoir, mais aussi le pouvoir de changer les choses !

- Prouvez-le !

- Mais j'allais y venir ! Bernard, choisissez donc une femme avec laquelle vous voudriez coucher !

Il regarda pendant une petite minute toutes les femmes présentes.

- La brune habillée en rouge !

- Cela ne vous gêne pas qu'elle soit mariée ?

- Vous essayez de nous embrouiller ! lui dit Richard.

- Pas du tout ! Je ne voudrais pas choquer votre honneur !

Il se leva et rejoignit cette femme, il lui mit la main sur l'épaule et revint s'asseoir.

- Bernard, bonne fin de soirée !

La jeune femme vint à la table, prit la main de Bernard et l'emmena aux toilettes.

- Qu'avez-vous dit à cette femme ? demanda Richard.

- Je lui ai seulement dit que Bernard voulait coucher avec elle ! Vous me croyez maintenant ?

- J'ai encore un doute, elle peut être complice avec vous !

- Je vous propose de nous revoir demain, ici même, car la personne qui m'accompagne va sortir des toilettes et je n'aurai pas le temps de vous le prouver !

Je suis d'accord, revoyons-nous à la même heure ici !

- Alors à demain !

Il se leva et retourna au bar où il y avait toujours deux tabourets libres. Sa «victime» sortit des toilettes un instant plus tard, elle vint se rasseoir à côté de lui, puis ils partirent tous les deux. Bernard sortit des toilettes quelques minutes après la disparition de l'homme et de sa compagne, il avait le sourire aux lèvres.

- Il est parti, le «tombeur» ?

- Oui, il va nous prouver demain soir qu'il a des pouvoirs fantastiques !

- Moi, je n'ai pas besoin qu'il me le prouve !

- Eh bien moi si, je le trouve louche ce mec !

- Faut pas te prendre la tête, il m'a permit de baiser facilement !

- On verra demain s'il faut se prendre la tête avec lui...

Le lendemain soir, le petit groupe arriva à la boite après l'homme, il était installé à une table et seul. Ils s'assirent tous autour de la table.

- Bonjour ! Ravi de vous revoir ! lui disait Bernard.

- Moi de même ! Etes-vous prêts à ce que vous allez voir ?

- Croyez-vous que nous sommes aussi impressionnables que ça ? lui demanda Richard.

- Ce spectacle en a impressionné plus d'un !

- Au lieu de parler, si vous nous montriez ?

- D'accord, mais je veux le silence complet de votre part !

Et là, il n'y avait plus aucun bruit autour d'eux, le silence total, comme une télévision dont on aurait coupé le son.

- Commencez-vous à me croire maintenant ?

- Mais comment...

- Cela est très simple, je ne suis pas humain !

- Vous êtes Dieu ?

- Oui, enfin c'est comme ça que vous m'appelez !

- Pourquoi tout ceci ?

- Pour vous éclairez sur moi, regardez ceci !

Toute la boite de nuit était remplie de cadavres ensanglantés, il souriait en les regardant à tour de rôle. Ils voulaient partir mais étaient bloqués, ils ne pouvaient faire aucun mouvement.

- Il est inutile de lutter, vous ne pouvez lutter contre votre maître !

- Pourquoi faites-vous cela ?

- Je capture les humains ! Vous savez ce que j'en fais ? Je les fais combattre ! Cela vous choque ? Vous faites bien des combats avec les animaux ! Vous osez utiliser les animaux et la nature comme bon vous semble, vous êtes la pire de mes créations !

- Etes-vous vraiment Dieu ?

- Oui, mais le secret est que je suis le seul maître à bord ! Je suis le seul à pouvoir décider de ce qui va vous arriver ! Satan n'existe pas, comme tous les autres anges de votre invention ! Je vais vous montrer une chose.

Tous devint noir en une fraction de seconde, il n'y avait plus rien autour d'eux à part un incroyable vide. Tous regardaient cet étrange vide, essayant de trouver quelque chose qui pourrait leur rappeler leur monde, en vain.

L'homme avait changé, c'était comme un nuage blanc très lumineux mais n'éblouissant pas, il y avait des esquisses de son visage et de ses membres, cette manifestation époustouflait la petite assemblée. Il se leva et leur parla.

- Voici comment était l'univers avant que je m'en occupe, entièrement vide ! J'ai toujours vécu seul, je ne sais pas si l'on m'a créé ou si je suis un être né spontanément. J'ai voulu changer ce vide immense et j'y ai réussi, comme par miracle ! J'ai pensé ensuite à créer des êtres vivants, je ne voulais pas être seul ! Les premiers étaient des échecs, non par leur conception, ils étaient parfaits, mais ils ne pouvaient se multiplier seuls car je ne leur avait pas donné d'organes génitaux, en étant dépourvus moi-même ! Regardez-moi bien, je ne suis ni mâle ni femelle.

Pendant longtemps, il n'y avait pas d'êtres vivants sur la Terre, car je ne savais pas comment fabriquer des organes mâles et des organes femelles. Vous me voyez comme je l'étais à ma «naissance», je n'ai pas changé car je ne peux vieillir et suis immortel ! J'ai fini par trouver et j'ai créé les êtres vivants, jusqu'aux humains, quel erreur ai-je fais ce jour-là, si je peux dire ce jour !

Richard s'insurgea.

- Vous nous insulter en plus !

«Il» se mit en colère, ses yeux rougeoyait de fureur.

- Dites-moi donc, qui a tué certaines espèces jusqu'à leur extinction ? Qui détruit la nature comme il l'entend ? Qui se croit l'espèce dominante ?

- Mais nous sommes l'espèce dominante !

«Il» lui envoya un éclair à travers la poitrine.

- Parce que je le voulais bien ! Je pourrai vous détruire en une fraction de seconde !

- Alors pourquoi ne le faites-vous pas ?

- Ne croyez pas m'avoir ainsi, certes je vais vous tuer, mais lentement comme tous ceux dont je me suis occupé ! Vous allez connaître ce que vous appelez l'Enfer ! Je m'amuserai avec vous comme avec tous les humains ! Je suis navré de ce que sont les humains, mais je m'amuse tous les jours à les faire souffrir ! J'en rie tous les jours de vos maux, de vos pleurs, et surtout lorsque vous vous détruisez vous-même ! L'espèce humaine sera en voie de disparition ! Vous faites partie des privilégiés si on peut dire, je vais vous permettre de choisir votre torture ! Vous allez savoir ce que c'est que d'être des martyrs !>>

«Il» émit un long rire grave qui résonna dans leurs têtes.

 

Vous pensez que cette histoire n'est pas arrivé et qu'elle ne vous arrivera jamais ? Qui peut donc le savoir ? Il vous arrivera peut-être bien pire encore, mais il reste une autre question, cela vous fera-t-il... croire en Dieu ?

Par Novelliste
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Mardi 15 septembre 2009 2 15 /09 /Sep /2009 15:50
Bonjour à tous. Voilà une nouvelle qui parle un peu de l'Enfer pour les amateurs du genre.

LES FEUX DE L’ENFER.(par J. P. L. RENOU)

 

 

Vous pensez sûrement en me voyant que j’entretiens mon corps par des produits quelconques ou par le sport, mais il n’en ai pas ainsi, en fait j’ai passé un pacte avec un serviteur de Satan, je vais tout vous raconter depuis le début.

Cela a commencé un soir dans le centre ville, il y avait du monde et je n’étais pas accompagné, je faisais un petit tour quand j’entendis les cris d’une femme appelant au secours, je me précipitais et je vis trois hommes agressant une femme, je m’avançais vers eux.

<<Laissez cette femme tranquille !

L’un des trois me regarda et me lança :

- Mais c’est qu’on est courageux !

Il dit aux autres de lâcher la jeune femme et ils fondèrent tous trois sur moi. Je fus roué de coups et tomba évanoui. Plus tard, je me réveillais dans un vieil entrepôt qui sentait le renfermé, mais je sentis une odeur bien plus forte tout près de moi, cela sentait l’essence ! Les trois hommes vinrent au-dessus de mon visage, j’essayais de me lever mais mes bras et mes jambes étaient attachés, en plus des douleurs que me procuraient des contusions que je devais avoir tout le long du corps.

- Il ne faut pas se mêler des affaires des autres ! me dit l’un des hommes.

Il craqua une allumette et la fit tomber sur moi, celle-ci mit le feu à l’essence dont j’étais aspergé ! Ils s’en allèrent en riant pendant que le feu rongeait mes chairs ! Ma souffrance était insoutenable, mon cerveau commençait à griller, j’étais devenu aveugle et je me pris à penser que je ferais n’importe quoi pour m’en sortir. Quand, en un souffle, les flammes consumant mon corps s’éteignirent. Je ne comprenais pas ce qui arrivait, je n’avais ni entendu ni senti un quelconque extincteur. Je ne pouvais demander s’il y avait quelqu’un, le feu avait traversé ma gorge et brûlé mes cordes vocales, j’étais encore en vie malgré ces graves brûlures, mais je ne pouvais bouger car mes muscles et tendons avaient brûlé ! J’ouvrais ce qui restait de mes paupières comme par réflexe quand je m’aperçus que je commençais à recouvrer la vue ! Je ne voyais que de la lumière, mais peu à peu je voyais à nouveau des formes et des couleurs, d’abord flou puis de plus en plus net. J’entendais les pas de quelqu’un qui s’approchait de moi et s’arrêta devant moi.

- Levez-vous donc !

Mes liens étaient brûlés et je pouvais donc me lever. Mes muscles et tendons étaient comme régénérés, je réussissais à me lever et fit face à l’homme. Je regardais mon corps, j’étais sérieusement brûlé, mes entrailles étaient à vif, je n’avais plus le moindre centimètre de peau, tout mon corps suintait et saignait, mes os étaient visibles par endroits, je sentais l’odeur de mon sang et celle de ma chair carbonisée. Je regardais l’homme droit dans les yeux.

- Qui êtes-vous ?

- Je suis la seule personne qui puisse vous aider !

- Vous êtes qui ?

- C’est mon maître qui m’envoie !

- Votre maître ?

- Le Prince des Enfers ! Il aurait bien voulu venir vous voir lui-même, mais il n’a pas pu se libérer, il est trop occupé avec toutes ces guerres !

- Pourquoi m’avez-vous sauvé ?

- Vous semblez très intéressant pour mon maître, il m’a envoyé pour vous proposer un marché.

- En quoi consiste ce marché ?

- Il est très simple, je vous sauve la vie et vous rend immortel, en contrepartie vous serez au service de mon maître pour recueillir des âmes humaines !

- Et si je refuse ?

- Je vous remettrai dans la situation dans laquelle je vous ai trouvé, et je vous laisserai mourir par le feu !

J’acceptais ce marché à condition d’avoir tous les pouvoirs que puisse générer mon imagination. Il m’a accordé ces pouvoirs, puis a disparu.

Peu à peu, mon corps se renouvelait, les morceaux brûlés tombaient et étaient remplacés, ma peau repoussait, mes ongles également. Mes vêtements avaient entièrement brûlé, je souhaitais en avoir des neufs et ils apparurent instantanément, j’y fis quelques retouches simplement en y pensant. Il était temps de me venger, le démon m’avait dit qu’il me restait un peu de temps avant que je ne sois au service de Satan. Je trouvais le premier larron dans un parking, en train de voler une voiture.

- Petit voleur à la tire !

- Quel est le c..., mais...on t’a tué ! Comment tu peux être vivant ?

- Certes, je suis mort, mais je peux encore te foutre une raclée !

Il sortit une arme que j’eus vite fait de faire venir à moi, cela devait être la seule qu’il avait sur lui, vu la tête qu’il faisait.

- Je vais faire comme ce que vous m’avez fait, toi et tes acolytes, je vais te laisser pour mort !

Et je lui vidait le chargeur de son arme dans le ventre, il tomba à genoux.

- D’habitude, cela suffirait à tuer un humain, mais une certaine personne m’a donné le pouvoir de faire durer la vie, ou la mort comme tu préfères ! Alors, qu’est-ce que cela fait de ne plus se sentir le plus fort ? De sentir ses entrailles défaillir ?

Je regardais son ventre, son sang était noir, j’avais atteint le foie !

- Tu sens cette douleur aiguë à ton flanc ? C’est ton foie qui est dans un piteux état et qui saigne. Je vais en finir avec toi, j’en ai marre de tes gémissements !

Je lui jetais son arme à la figure, il la reprit pour me tirer dessus, je fis exploser son pistolet et ses mains, ses moignons saignaient abondamment. Je le laissais mourir ainsi, en se vidant de son sang !

Je tombais sur le deuxième à la sortie d’une boite de nuit, il était accompagné par une jeune femme qu’il venait, à mon avis, de rencontrer.

- Faites attention qu’il ne vous tue pas mademoiselle !

Il se retourna vers moi, furieux.

- Dégage, pauvre tâche !

- Tu ne me reconnais donc pas ?

Il arrêta d’embrasser la fille et me fixa, puis il me reconnut.

- Comment as-tu fait pour t’en sortir ?

- On m’a un peu aidé !

- Cette fois, personne ne le fera !

Il sortit une arme lui aussi et me logea deux balles dans la tête avant que je ne puisse réagir. Je m’écroulais puis me relevais aussitôt, il continuait à embrasser cette fille avidement, croyant m’avoir tué.

- Ceci te perdra !

En un claquement de doigts,je transformais la fille en un monstre sanguinaire qui lui arracha les intestins à coups de griffes, puis s’enfuit en courant sur ses quatre membres à la fois.

Je restais plus loin à me fondre dans la nuit et à le regarder souffrir quand le troisième délinquant sortit seul de la boite de nuit. Il vit son « associé » assis par terre et s’approcha, quand il aperçut que ses boyaux n’étaient plus là.

- Qui t’as fait ça ?

- Le mec qu’on a brûlé, il n'est pas mort, il a des pouvoirs de je ne sais où ! Il a transformé la petite étudiante avec qui j’étais en je ne sais quoi et l’a forcé à m’arracher les tripes ! Achèves-moi, je t’en prie !

Il lui donna son arme.

- Je ne te donnerai pas ce plaisir ! Dis-je en reparaissant près de lui.

- C’est toi qui a eu l’idée de me brûler, c’est ton tour maintenant !>>

Je fis naître une boule de feu dans ma main et lui lançait au ventre, il commença à se consumer. Il voulut se jeter dans le port mais je lui clouais les pieds sur place. Je les regardais tous les deux souffrir, il me prit un rire diabolique qui résonna dans leurs têtes et amplifiait leurs souffrances.

 

Ces hommes auraient-ils pu éviter de souffrir ainsi ? Le Diable aurait-il négligé cet homme dans d’autres circonstances ? Paierons-nous forcément tous nos mauvais actes un jour ? Personne n’a de réponses à ces questions, mais ce qui est sûr c’est qu’il est inutile de faire le mal si cela n’apporte pas un profit notable !

Par Novelliste
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Jeudi 17 septembre 2009 4 17 /09 /Sep /2009 15:35
Bonjour à tous. Voilà une nouvelle histoire qui parle de Dieu, elle pourra déranger ou amuser certaines personnes, je vous laisse seuls juges...

CREATION(par J. P. L. RENOU)

 

 

Lorsque je suis arrivé dans cet univers, il n'y avait rien à part un grand vide noir sans fin. Durant un long moment, je ne connaissais pas l'étendue de mes pouvoirs. Il vint un jour où mon ennui était si intense que je réussissais à créer des éléments dans cet immense vide, uniquement en pensant vouloir quelque chose d'autre que cet immense espace. Quelle ne fût pas ma joie lorsque je découvris ces pouvoirs à ma disposition, j'avais enfin la possibilité de faire quelque chose de mon existence ! Je n'avais malheureusement aucune idée de ce que je pouvais fabriquer, malgré mes pouvoirs.

La matière qui me tenait à présent compagnie me paraissait sans vie propre malgré les nombreux mouvements que je lui permettais. J'eus l'idée d'entrechoquer ces petits blocs de matière, voulant faire naître quelque chose de spectaculaire.

Cela fonctionna, un mouvement circulaire naissait de cette substance en mouvement, je vaincus son inertie en maintenant ce phénomène en place, m'assurant qu'il pouvait s'alimenter lui-même en énergie.

Au fur-et-à-mesure de l'utilisation de mes capacités, ma maîtrise de celles-ci ainsi que mon bonheur ne cessaient d'augmenter.

Toutefois, je finissais par m'ennuyer de ne voir qu'un seul et unique système planétaire, surtout au milieu de cette gigantesque étendue noire dont je voyais à présent les limites. Je laissais donc voguer mon imagination pour créer une multitude de planètes, d'étoiles, de trous noirs et autres phénomènes galactiques, tout ceci dans l'euphorie de la création.

Malheureusement, je me sentais un peu seul dans cet univers rempli d'objets familiers. Je voulus créer des êtres qui me ressemblaient, mais le problème était que je ne m'étais jamais vu, je n'avais même jamais rien fait grâce à mon corps, je ne savais même pas si j'en possédais un. Il m'était donc très difficile de concevoir ces êtres.

Je contournais le problème en produisant des esprits capables de se fabriquer un corps. Je leur apprenais ce qu'ils étaient et discutais longuement avec eux ; j'éprouvais un plaisir immense à parler de ce qu'ils pouvaient désirer, leur intellect était identique au mien sans en être une copie parfaite, j'avais la satisfaction de partager des points de vue différents des leurs.

Un jour, quelques-uns d'entre eux me demandèrent d'imaginer des formes de vie. Je ne savais pas comment pouvaient être les corps de ces nouvelles vies, mais ils avaient quelques idées sur la question.

Nous avions décidé de travailler en équipe ; eux s'occuperaient de la forme des corps et de la future vie de ces êtres, alors que je prenais part à l'élaboration des systèmes internes de leurs anatomies ainsi que la manière dont ils pourraient vivre sur les planètes.

Certains d'entre eux choisissaient alors de prendre la même forme que plusieurs des espèces dont ils m'avaient demandé la création, dans le but de contrôler leurs vies. J'étais heureux de voir mes créatures vivre en harmonie dans le monde que je leur avais conçu, malgré la perte des uns pour la survie des autres, mais cela était inévitable pour obtenir un équilibre des catégories animales et végétales.

Quelques temps passèrent, beaucoup de mes premières conceptions formulèrent le voeu de ne plus s'occuper des animaux, car cela les ennuyait et il n'était plus besoin de se mêler de ces choses car les animaux pouvaient se débrouiller seuls pour vivre.

Ils voulaient se charger d'une espèce qu'ils pensaient être plus évoluée. Beaucoup de propositions me furent présentées, soit ils les voulaient grands, petits, gros, maigres, de différentes couleurs... Mais ils étaient tous d'accord sur un point, il fallait les faire à quatre membres et bipèdes.

J'accédais à toutes leurs requêtes, ne pouvant me décider pour une forme ou une autre, en tenant compte de la capacité d'évolution mentale de ces nouveaux êtres, demandée par mes protégés.

Une fois créés, mes protégés s'occupèrent de leur apprentissage comme il se devait, je leur avais donné tous les pouvoirs pour accomplir cette tâche, comme ils me l'avaient également demandé.

Je me suis ensuite trouvé en pleine béatitude le jour où je leur ai rendu visite. Mes protégés leur avaient enseigné mon existence et le fait que j'étais à l'origine de leur vie, aussi lorsque je vins les voir sous leur forme pour ne pas les effrayer, chacun voulait me toucher en signe d'affection et de respect pour moi. C'était bien plus que tout ce dont j'avais rêvé jusqu'à présent, ce n'était pas tellement la fierté de concevoir de telles choses qui me plaisait, mais plutôt la récompense qui se lisait sur leurs visages.

Ils étaient si heureux de rencontrer leur créateur. Je laissais ensuite vivre ces êtres, baptisés «humains» par mes protégés, sur la planète que j'avais nommé la «Terre». Je ne m'occupais pas d'eux, ils m'avaient prouvé leur débrouillardise à vivre sans mon soutien, de plus mes favoris veillaient sur eux.

Je m'attelais à la tâche pour créer d'autres formes de vie dans le reste de la galaxie, j'avais fait la promesse de revenir les voir lorsque mon travail serait terminé. Pendant des milliers de générations humaines, plusieurs de mes favoris me rendirent compte des faits et gestes des humains. Chacun avait de bonnes nouvelles à m'apporter, sauf bien sûr des choses du genre de la mort ou de la maladie des humains.

J'étais malheureusement très affairé dans mes autres créations et ne pouvait leur venir en aide, à mon grand regret.

Plus tard, lorsque je vins leur rendre visite incognito, je fus très déçu par leur comportement. Ils méprisaient les animaux qui les côtoyaient, mais le pire était qu'ils n'avaient aucun respect pour la planète que je leur avais laissé, ils la détruisaient sans vergogne.

Je suis alors entré dans une rage noire en voyant ce désastre. Avec la complicité de mes protégés, je m'emploie depuis ce jour à les détruire de toutes les manières possibles et imaginables ; maladies, guerres attisées par mes protégés, cataclysmes naturels, et bien d'autres choses encore... J'ai découvert que la plus grande des voluptés est de détruire ces êtres médiocres, qui osent me parler comme s'ils étaient mes égaux...

Par Novelliste
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